L’HUMANITUDE, une philosophie du soin et du lien


Créée il y a près de 40 ans, la philosophie de l’Humanitude propose de replacer l’humain au coeur des soins dispensés aux personnes fragilisées par la maladie, l’âge ou le handicap. Une approche qui réhabilite leur dignité et améliore leurs relations avec les aidants et les soignants.


“Les cadeaux que les hommes se sont faits les uns aux autres depuis qu'ils ont conscience d'être, et qu'ils peuvent se faire encore en un enrichissement sans limites, désignons-les par le mot Humanitude." Quand Albert Jacquard, le grand chercheur spécialiste en génétique, emploie pour la première fois le mot “humanitude”, il ignore que moins de dix ans plus tard, un gériatre français, Lucien Mias, va introduire pour la première fois ce terme dans les soins. Mais ce sont deux professeurs d'éducation physique et sportive qui vont donner au concept toute sa traduction effective en écrivant une nouvelle philosophie de soins. Rosette Marescotti et Yves Gineste intervenaient auprès des soignants en milieu hospitalier pour les former aux bonnes postures de travail afin d’éviter un mal de dos récurrent dans ces métiers. Ils constatent alors qu’infirmiers et aides-soignants, s’ils appliquent avec rigueur les méthodes apprises en école, ne font pas participer leurs patients et n’ ont pas appris à entrer en relation avec eux. Même constat dans les institutions accueillant des personnes âgées. Les soins sont dispensés mais la personne est ignorée dans ses composantes humaines, notamment quand elle est atteinte d’une pathologie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer dont les troubles cognitifs peuvent faire peur. Tout ce qui construit l’être humain depuis son plus jeune âge - le regard, la parole, le geste tendre - est trop fréquemment refusé aux personnes âgées. Rosette Marescotti et Yves Gineste sont choqués par ces vieillards délaissés, à qui l'on ne parle en moyenne que 120 secondes sur 24 heures et qu’on balaie juste d’un regard qui réduit au néant. Ils sont aussi témoins du désarroi des soignants impliqués, dévoués, qui n’ont que leur instinct et leur mansuétude comme méthodes d’accompagnement. Ils vont alors inventer il y a une quarantaine d’années la philosophie de l’Humanitude et, comme Françoise Dolto a fait comprendre que le bébé est une personne, ils s’appliquent désormais à démontrer que “l’Homme vieux est une personne” qu’il s’agit de “réhabiliter dans ce qu’elle possède de typiquement humain.”

Un gage de bientraitance dans les maisons de retraite et les services à domicile

Cette approche repose sur un changement de comportement des soignants, qu’ils soient professionnels ou aidants familiaux. Basée sur une meilleure considération des personnes et de leurs besoins, mais aussi de leurs souhaits et de leurs envies, elle s’appuie sur quatre piliers : le regard, la parole, le toucher et la verticalité, l’une des caractéristiques qui nous distinguent des animaux. La méthodologie de soins Gineste-Marescotti préconise cinq grands principes pour une prise en soin bienveillante : zéro soin de force, vivre et mourir debout, respect de l’intimité et de la singularité, ouverture vers l’extérieur et projet d’accompagnement personnalisé pour faire de ce “lieu de vie un lieu d’envies”.

Sur le terrain, ces techniques, ces outils de communication verbale et non verbale donnent des résultats immédiats et souvent spectaculaires : pacification de 90 % des comportements de résistance ou d’agressivité, 83 % des soins difficiles transformés en soins apaisants, amélioration de l’autonomie et des capacités motrices, diminution de la dénutrition, des escarres et des hospitalisations… C’est cette approche à la fois philosophique et opérationnelle que le SIMAD entend transmettre à ses équipes soignantes en leur proposant une formation à la méthodologie Gineste-Marescotti. Une démarche de projet qui nécessite une implication forte des personnels et de la direction et qui pourrait déboucher à terme sur la labellisation “Humanitude” du service infirmier de soins à domicile. Encore trop peu enseignée dans les écoles professionnelles, cette méthodologie se heurte aux réticences des pouvoirs publics. Les cas de maltraitance dans les EHPAD, le burn out de très nombreux soignants épuisés, la détresse des familles devraient pourtant inciter nos responsables à s’intéresser à ces méthodes qui s’attachent à conjuguer contraintes collectives et aspirations individuelles. Avec une priorité incontour-nable : le respect de la personne humaine !

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